HISTOIRE du 4eme Régiment d'Infanterie

GUERRE DE 1914-1918

 

COMBATS DE VARENNES

 

On traverse Véry et Varennes. En. suite on prend la route toute droite qui se dirige vers Clermont-en-Argonne.

Tout le corps d'armée doit utiliser cette seule voie.

Il devient nécessaire, dans ces circonstances, de bloquer l'ennemi devant Varennes. C'est à nouveau le 4e qui en est chargé.

Ainsi les hommes de troupe, bien que harassés, doivent remonter le chemin parcouru.

Puis le 4e prend position. L'ennemi commence sa préparation d'artillerie; mais nos bataillons sont inébranlables et maintiennent leurs positions jusqu'au soir en dépit de lourdes pertes. Enfin, la nuit venue, les Boches s'élancent à l'assaut. C'est alors seulement que les derniers fantassins et le lieutenant-colonel DEFONTAINE quittent le village. 

Au cours de cette affaire, on doit signaler qu'un caporal mitrailleur du 4e, nommé Léon Coudray, dont le père était boulanger rue du Temple à Auxerre, avait braqué sa mitrailleuse dans le soupirail d'une cave d'une maison qu'il était chargé de défendre. Il parvint à faire stopper les Allemands à lui seul et, séparé du reste des troupes, il quitta son poste le dernier alors que le régiment avait commencé son mouvement de repli.

Il put le rejoindre à la faveur de la nuit.

Varennes fut donc abandonné, mais la ténacité des hommes du régiment d'Auxerre avait permis au 5e corps d'armée de s'écouler et de se regrouper en arrière.

Malheureusement, c'est à ce combat de Varennes que fut tué le général Marquet. C'est là qu'il fut en hâte inhumé.

Hélas ! un obus ennemi percuta sa tombe et le déterra.

Il fallut l'enterrer une seconde fois.

Tout en poursuivant leur retraite, les régiments recevaient des renforts ; l'ensemble de la manœuvre avait pour but de protéger le camp retranché de Verdun.

Nous traversâmes de nombreux villages d'Argonne, les routes commençant à être encombrées d'habitants fuyant devant l'invasion, emportant, dans des charrettes ou, à défaut, dans de modeste, brouettes, leurs biens les plus précieux. Certains emmenaient avec eux leur bétail.

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