Philibert Babou de la Bourdaisière ( 1563 - 1570 )

Ce prélat, qui résidait à Rome, ne partit même pas dans son diocèse, si ce n'est peut-être en allant de Paris dans la capitale

du monde chrétien pour y remplir les fonctions d'ambassadeur de Henri II de François II et de Charles IX, ou durant son séjour en France, en 1566.

Quelques historiens le font originaire d'Italie; le nom de Babou fut, disent-ils, celui que choisirent les cadets de la famille des Naldi dans le pays de Faventins. Ils prétendent qu'une de ces branches passa en France et s'établit à Bourges ou aux environs. Mais ces assertions sont loin d'être indubitables, Un historien de Touraine dit que Philibert i3abou naquit à la Bourdaisière, entre Tours et Amboise; ce qu'il y a de certain, c'est qu'un chevalier et trésorier de France de ce nom et natif de Bourges possédait dans le Berry, vers le règne de François 1er, la châtellenie de Voullon, et c'est ce qui autorise à croire que le cardinal, qui fait le sujet de cette page, vit aussi le jour à la Bourdaisère ou dans les environs. Le Philibert, seigneur de Voullon dont nous venons de parler, ayant épousé en 1510 Marie Gaudin, dame de la Bourdaisière et de Thuisseau, fille d'un maire de Tours et célèbre par sa beauté, source de la fortune de sa famille, communiqua à ses enfants le surnom de la Bourdaisière, notamment à son aîné jean, gouverneur et bailli de Gien. Le cardinal Philibert Babou fut aussi plus communément connu sous ce surnom, et l'évêché d'Auxerre fut le dernier bénéfice qu'il posséda. Il fut évêque d'Angoulème dès 1532, n'étant âgé que de vingt ans et succéda sur ce siège à. Jacques son frère, mort le 26 novembre de cette année. Son entrée dans cette ville ne fut pas solennelle, dit l'historien Jean Mesneau, parce que les cloches de la cathédrale avaient été descendues des clochers, par ordre du roi, en punition du soulèvement de l'Angoumois, dans l'affaire de la gabelle. Philibert Babou devint abbé du Jard prés de Melun le 23 janvier 1540, abbé de Rebais en 1555, maître des requêtes en 1557, doyen de Saint-Martin de Tours en 1559, et cardinal du titre de Saint-Sixte le 26 février 1561.

La nomination du cardinal de la Bourdaisière au siège d'Auxerre (16 décembre 1562) fut un malheur, car les Calvinistes profitèrent de l'absence de l'évêque pour propager leurs erreurs, et le diocèse en fut bientôt infecté. Les huguenots ne tardèrent pas à y lever le masque, se sentant appuyés par d'Andelot et le prince de Condé, dont les hommes d'armes ne cessaient de sillonner le pays auxerrois, allant d'Orléans à Tanlay et à Noyers. Le 27 septembre 1567, la ville d'Auxerre fut prise par trahison, et devint le théâtre de toutes sortes d'horreurs, de cruautés et de sacrilèges. Les couvents, les églises et les demeures des prêtres furent dévastés, et l'abomination de la désolation fut dans le lieu saint jusqu'au 25 avril de l'année suivante, époque où les catholiques chassèrent les huguenots.

Le cardinal fit prendre possession du siège par Matthieu de Macheco. archidiacre de Passy en l'Église de Langres, qui présenta ses huiles au chapitre le 18 juin 1563. Cet ecclésiastique avait été nommé par lui vicaire général du diocèse par lettres datées de Rome le 10 mai précédent. En vertu d'une bulle du pape, le cardinal vendit et aliéna, le 12 décembre suivant, l'hôtel que les évêques d'Auxerre possédaient à Paris, près de la porte Saint-Michel. Cette vente fut consentie à Guillaurne Manault, conseiller au Châtelet, moyennant la somme de 1600 livres qui servit au cardinal à payer sa cote de deniers de subvention accordés à Chartes IX, par le clergé de France, pour soutenir la guerre contre les huguenots. Le 5 janvier 1564, ses vicaires généraux reçurent le serment de Jacques, duc de Nevers, pour la baronnie de Donzy, et l'année suivante, celui de Louis, aussi duc de Nevers, et d'Henriette de Clèves. Cette même année, le cardinal se rendit à Rome pour assister au conclave, mais il se trouvait à Paris le 7 juin 1566, puisque ce jour-là, il conféra un canonicat de sa cathédrale à Jean des Roches, clerc du diocèse de Tours, qui avait été son secrétaire à Rome.

Pendant qu' il était évêque d'Angoulême, quelques auteurs lui dédièrent leurs ouvrages, notamment en 1538, Jean Gillot, qui lui fit hommage de ses Axiomes de droit, et en 1552, Barthélemi Lanneau, né à Bourges, qui lui dédia sa Poésie peinte.

Le cardinal de la Bourdaisière mourut subitement à Rome le 26 janvier 1570, à l'age de cinquante-sept ans, et y fut inhumé dans l'église de Saint-Louis-des-Français. Il avait enrichi un fils naturel de son frère, qu'il avait adopté avant d'entrer dans les ordres et qu'il institua l'héritier de immense fortune, au grand mécontentement des maisons d'Estrées et de Sourdis qui prétendaient à sa succession.

 

Les armes du cardinal-évêque d'Auxerre étaient : écartelées, au 1er et 4e, d'argent, au bras vêtu de gueules , sortant d'un nuage d'azur, au flanc dextre de l'écu , tenant une poignée de vesces en rameau de trois brins de sinople; au 2e et 3e de sinople, au pal d'argent, parti de gueules, au pal aussi d'argent.

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