Pierre-François SAVATIER-LAROCHE

Peu d’Auxerrois fréquentent la rue Savatier-Laroche. Elle unit la rue N.­D.-là-d’Hors à la rue de Paris.

On la nommait encore au milieu du XIXe siècle la rue des Trois Manteaux parce que, nous dit Maximilien Quantin, elle était glaciale en hiver. Il fallait trois manteaux pour la traverser.

Ce vieux nom de rue est encore gravé dans la pierre du N° 6

C’est dans cette rue qu’habita Savatier-Laroche honorable personnage politique de la ville d’Auxerre qui tint à perpétuer son nom.

Né à AUXERRE, le 6 brumaire an XIII (27-10-1804), son père a été plusieurs années membre du Conseil Municipal d’AUXERRE.

Lui-même, après avoir été clerc d’avoué à PARIS, acheta une étude à AUXERRE, en 1832, puis se consacra au barreau.

Après avoir été membre du Conseil Municipal d’AUXERRE de 1837 à 1849, il entra dans l’arène politique en 1848 et devint chef du parti montagnard à AUXERRE. Ses écrits sont dirigés vers le socialisme encore indécis, mais avec une plume toujours très digne.

Membre du Conseil Général, puis « représentant du peuple », en 1849, il prit une part active aux travaux de l’Assemblée Législative. Son discours contre la peine de mort le plaça au rang des grands orateurs. Mais le coup d’État brisa sa carrière et le rendit à la vie privée. Une perquisition fut opérée chez lui en 1864 mais sans résultat.

Il se livra surtout à une littérature journalistique. L’insurrection de la Commune et le désordre avaient désolé son cœur. Ce fut la période des déceptions et des illusions perdues. Il voit et signale les petitesses de ses adversaires et se montre même sévère envers ses amis.

Parmi ses nombreux livres, on peut retenir Affirmations et doutes — Une semaine — Fables et contes — Profils parlementaires — Profils Auxerrois —Études morales — De la ponctuation.

Sur la fin de sa vie, cloué pendant 25 ans sur son fauteuil par suite d’une cruelle maladie, il a laissé l’impression d’un vieillard aimable et bienveillant, plein de sérénité.

Il est mort à AUXERRE, le 15 mai 1879, après avoir servi la cause de la liberté avec désintéressement et honnêteté.

Sur sa tombe, au cimetière Dunand, on peut encore lire cette épitaphe

 

RADIEUSE ETINCELLE

EN SON OBSCUR MILIEU

NOTRE AME EST IMMORTELLE

ET SON FOYER C’EST DIEU.

 

A côté de lui repose notamment sa compagne Nathalie BOUDIN (31-5-1813 - 14-1-1886).

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