JEAN V DE THOISY (14O9-1410)

 A la nouvelle de la mort de Michel de Creney, le chapitre nomma des chanoines pour l’administration du temporel de l’évêché pendant la vacance du siège, le scelleur de l’évêché rendit au chapitre les sceaux, les clefs du logis épiscopal, et même celles des prisons, marquant ainsi que toute la juridiction était dévolue aux chanoines. On prévint les absents et on leur manda de revenir à Auxerre pour procéder à la nomination d’un nouveau pasteur. Il parait qu’il y eut deux élections Dans la première, on choisi Jean de Noury qui, on ne sait pour quelle raison, ne fut point évêque. Dans la seconde, les voix se réunirent en faveur de Jean de Thoisy, gentilhomme bourguignon de l’ancienne famille Thoisy-Cipierre, aujourd’hui Thoisy-la-Berchère, près de Saulieu.

Jean, licencié en droit, avait d’abord été chanoine de Notre-Dame de Paris et conseiller du duc de Bourgogne. Son élection fut confirmée par le pape le 13 novembre 1409, et il prit par Jean d’Harcourt, archidiacre du Vexin français dans l’Église de Rouen, son procureur, possession du siège le 22 janvier 1410 ; au mois de juillet suivant, il se présenta en personne, accompagné du doyen d’Autun, son frère, mais on ne voit point qu’il ait fait aucune résidence à Auxerre. Il y laissa, pour vicaire général et official , Pierre Charbet, et se retira dans l’hôtel des évêques d’Auxerre à Paris. Le 29 de ce mois, le duc de Bourgogne l’envoya, avec quelques autres seigneurs, auprès du duc de Berry pour le ramener à la cour de Charles VI.

L’année suivante, Michel résigna son évêché à Philippe des Essarts et devint, le 17 septembre, évêque de Tournai. il prit possession le 9 novembre. Le roi députa ensuite à Pontoise vers les princes du sang pour rétablir entre eux la concorde, et de là, en Picardie, pour y conclure avec les Anglais un traité de paix. En 1419. Jean de Thoisy fut fait chancelier du duc de Bourgogne, avec appointements annuel de deux mille livres, et fut chargé par le prince de diverses négociations. il obtint du pape Martin V, le 13 juillet 1420. plein domaine sur la chapelle de Saint-Vincent, bâtie dans son palais épiscopal de Tournai. Trois ans plus tard, il leva l’excommunication que le bourgmestre et les échevins de Courtrai avaient encourue pour avoir refusé de rendre à la liberté deux clercs incarcérés par leurs ordres. Il transigea le 3 octobre 1424, avec le doyen et le chapitre de Seclin pour la juridiction de cette église. On le trouve mentionné le 12 juin 1416, dans l’acte d’absolution donnée au bourgmestre et aux échevins de Bruges. Il fit don à sa cathédrale d’une statue en argent représentant la sainte Vierge couverte de vêtements d’or, et pour son anniversaire une partie de la dîme qu’il possédait à Elseghem. Sous son gouvernement, les habitants de Tournai se soulevèrent contre le clergé et s’emparèrent du pouvoir. Jean se retira alors à Lille, où il mourut le 2 juin 1433, dans un âge très avancé.

Ses armoiries étaient : d’azur, à trois glands d’or.

 

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